03 03 15 formation des imams en alsace moselle

 

 C'est à Strasbourg, capitale européenne et pôle des sciences des religions, que le premier ministre a choisi de faire ce 3 mars un déplacement consacré à l'islam de France.

Alors que le gouvernement a lancé le 25 février une réforme de la représentation des musulmans et de la formation des imams en France, avec l'ambition affichée de garantir à la deuxième religion de France la même écoute qu'aux autres, dans le respect de la laïcité et des loi, Manuel Valls rencontre les étudiants et les enseignants du diplôme «Droit, société et pluralité des religions» de l'université de Strasbourg. Ouvert en 2011, au sein de la faculté de droit, avec le soutien du ministère de l'Intérieur, des Collectivités Territoriales et de l'Immigration, ce diplôme répondait alors à une demande exprimée par les collectivités publiques et les communautés religieuses.

Formation pionnière

Pionnière, la formation vise à former les personnels religieux, dont les imams, et les responsables de la politique de la ville, à la «place des religions dans l'État laïc». Elle s'adresse aux ministres du culte, aux personnels des organismes cultuels et des collectivités territoriales, ainsi qu'aux étudiants souhaitant compléter leur cursus par une approche sociologique, historique et juridique des questions religieuses dans le cadre républicain.

Une douzaine d'établissements de formation d'ici à la fin de l'année

Outre le cadre juridique national, et notamment la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905, ce diplôme aborde la question du droit local. Exception à la loi de 1905, l'Alsace-Moselle reste en effet régie par le concordat de 1801. Lequel n'a été abrogé ni par l'annexion allemande de 1870, ni par le retour des trois départements au sein de la République française en 1919. Il reconnaît et organise les cultes catholique, luthérien, réformé et israélite et permet à l'État de salarier les ministres de ces cultes. Dans les écoles, collège et lycée, des cours de religion sont ainsi proposés. L'islam, lui, ne fait pas partie du régime concordataire.

«Insérer» les imams étrangers dans la société française

Le gouvernement a annoncé vouloir développer ce type de diplômes pour atteindre une douzaine d'établissements de formation d'ici à la fin de l'année. Objectif: mieux «insérer» les imams étrangers dans la société française et la République. Les réflexions gouvernementales sur le sujet s'appuient sur le rapport Messmer. Il y a deux ans, en mars 2013, Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, et Geneviève Fioraso, alors ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, confiaient au juriste strasbourgeois Francis Messner, directeur de recherches émérite au CNRS, une mission relative à «la formation des cadres religieux musulmans». Celui-ci vient de remettre son rapport qui, à partir d'un état des lieux sur la formation des cadres religieux (ministres du culte et, plus largement, responsables religieux) en France et en Europe, fait quelques suggestions.

Valls imam

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