l’élaboration 1905 (4)

C’est la raison pour laquelle il consolida sa majorité en l’élargissant, en vue d’uneapplication plus facile de la réforme. Un noyau central, né durant les débats de lacommission, structurait la majorité « briandiste » : les socialistes jaurésiens à gauche,les élus de l’Alliance républicaine démocratique au centre gauche, l’aile droite desradicaux.

La singularité de la démarche briandiste résidait dans le ralliement des concordataires de centre-droit à la majorité. Séparés jusqu’alors par la question religieuse, ces deux sensibilités politiques se réunissaient sur cette même question.

Certes, cette alliance était ponctuelle et rares furent les députés de centre droit à apporter leur voix aux séparatistes lors du vote solennel du 3 juillet. Mais les fondements de cette alliance ponctuelle et réelle, notamment sur l’article 4, semblaient solides dans la perspective de l’après 1905.

Cette main tendue de Briand fut donc saisie par des hommes respectés à gauche, tels Alexandre Ribot, député du Pas-de-Calais et ancien président du Conseil ou Joseph Thierry, député de la Provence marseillaise.

Six ans après leur désunion, les mélinistes retrouvaient les waldeckistes, sous l’égide des socialistes réformistes qui, à l’instar de Jaurès, voyaient « d’un bon œil les appuis qui leur viendraient des progressistes du camp bourgeois » . 

Briand intégra aussi au jeu de la délibération les élus de la démocratie chrétienne encore naissante et représentée par les deux abbés députés, Hippolyte Gayraud et Jules Lemire.

Les explications de vote, le 3 juillet, reflétaient ces diverses sensibilités. L’extrême gauche, qui s’apprêtait malgré elle à voter la loi, en critiquait « l’inefficacité » et la bienveillance envers l’Église.

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