l’élaboration 1904 (2)

 L’échec de l’offensive d’Émile Combes(automne 1904) 

Ce premier succès de Briand fut remis en jeu avec l’offensive automnale du président du Conseil. Pour ce dernier, et singulièrement pour sa majorité, l’année 1904 avait mal commencé.

Jaurès ne fut pas réélu à la vice-présidence de la Chambre au mois de janvier. Le congrès d’Amsterdam en août contraignit les socialistes français à quitter la Délégation des Gauches, intergroupe parlementaire, au nom de l’interdiction de collaborer avec des partis bourgeois.

Le groupe des socialistes parlementaires, très influencé par Jaurès, s’exécuta. Devant l’affaiblissement de sa majorité qui sonna à ses oreilles comme « un glas funèbre », Émile Combes prit l’initiative de précipiter la Séparation, astringent, selon lui, des groupes républicains le soutenant encore.

Justifiant sa volonté soudaine d’inscrire la Séparation à l’ordre du jour de la Chambre par la rupture récente des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège(juillet 1904), il profita du congrès radical d’Auxerre, le 4 septembre, pour faire cette annonce d’un divorce par « autorité légale » et ainsi espérer reprendre en main sa majorité. L’affaire des fiches qui, le 28 octobre, ébranla durablement son Gouvernement, l’encouragea à aller plus avant.

La commission en fut secouée. La démarche de Combes, comme les propositions qu’il faisait, malmenèrent l’équilibre fragile des « trente-trois ».

Fermement opposé àla conception libérale de la Séparation, le contre-projet du président du Conseil apparaissait comme une « fausse Séparation », « un Concordat sans Concordat ». La réforme n’y apparaissait pas comme but, à l’inverse des conclusions de l’avant-projet Briand, pas plus que n’apparaissaient les moyens permettant aux Églises de conserver leur liberté. Au contraire, en maintenant la direction des cultes, le texte gouvernemental ne mettait pas fin à l’intervention de l’État dans les affaires des Églises.

L’interdiction faite aux associations de se fédérer au-delà des limites du département porta à son acmé la tension entre la commission et le chef du Gouvernement. Combes et Briand étaient cependant conscients de leur nécessaire complémentarité. La souplesse du rapporteur fit le reste et ils se mirent d’accord. Briand ne souhaitait pas qu’un blocage mît à terre un travail de dix-huit mois.

Combes craignait qu’un élément de majorité vînt à lui manquer. Des concessions furent faites de part et d’autre et la mission de pacification de Briand auprès de Combes fut réussie. Il n’en restait pas moins que le Gouvernement, un des plus longs du régime,fort affaibli, démissionna le 18 janvier 1905.

Combes

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

×