l'après 1905 (1906-3)

 

 

 

La suspension des Inventaires accomplie, il fallait résoudre le problème de la dévolution. Le ministre des Cultes crut trouver la solution en appliquant la stratégie qui fut la sienne durant les débats parlementaires de 1905. Il tenta d’élaborer un compromis avec l’aile modérée de l’épiscopat, « le juste milieu, une manière d’orléanisme catholique, le centre droit […] du catholicisme français ». 

Il pensait effectivement que « dans le secret de leur cœur, la plupart des évêques ont jugé sévèrement l’attitude du Saint-Siège et blâmé les décisions pontificales ». Il ajoutait que « la plupart, je puis dire tous, malgré les paroles et les écrits ambigus de certains,ont ardemment souhaité un accord, directement ou indirectement conclu, qui permettrait une application légale de la loi ». Ce fut un échec. 

Le Pape, qui souhaitait officieusement que le Saint-Siège fût reconnu par la France, cassa toutes les tentatives gallicanes du clergé français allant dans le sens d’une résolution de la dévolution. En août, par une nouvelle encyclique, Gravissimo Officii, il condamna les associations cultuelles et mit le gouvernement dans une situation « inextricable ».

C’est à ce moment-là que Briand, quelques années plus tard, avoua avoir compris « le génie »du pape. Puisque la dévolution était bloquée, il appartenait au gouvernement de réorienter ses objectifs pour que l’exercice public du culte pût fonctionner sans cette dernière. Il fallait d’abord en assurer le fondement, puis le fonctionnement, avant d’espérer apporter une solution à la dévolution.

C’était tout le sens de la troisième voie briandiste.

 

Photo expulsion 1905

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