l'après 1905 (1906-2)

Il fallait donc revoir la méthode des Inventaires, car, comme l’expliquait Alexandre Ribot, les représentants « les plus éminents de l’épiscopat français ne veulent pas la guerre ».

Le député de Saint-Omer,en parfait accord avec Briand, soutenait encore ce dernier en affirmant que ce serait« une faute impardonnable et dont les conséquences seraient irrémédiables si l’on refusait d’accepter ce qu’il y a d’acceptable dans cette loi et si l’on nous lançait ainsi dans une ère de guerre civile ».

Aristide Briand, en votant contre le cabinet Rouvier,contribua avec d’autres à le faire chuter. 

La réorientation de la politique d’applicationqu’il avait suggérée était validée par une majorité de députés.

À la mi-mars 1906, Briand accepta l’offre d’entrer au gouvernement pour s’occuper de l’application de la loi, comme ministre de l’Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes. Rouvier lui avait proposé ce portefeuille l’année précédente, mais Jaurès avait demandé à son ami de renoncer au pouvoir. 

Cette fois-ci, Briand, qui n’était pas membre de la SFIO, donc libre désormais vis-à-vis de l’interdit socialiste, donna une réponse favorable à Ferdinand Sarrien, le nouveau président du Conseil. Il tenait àappliquer « sa » loi. 

Son collègue Joseph Paul-Boncour l’avait encouragé en ce sens, soulignant qu’il serait le seul à pouvoir faire appliquer une loi que « lui seul »31 avait pu faire voter.

Avec Clemenceau, ministre de l’Intérieur, Briand fit suspendre les Inventaires. Comme le titulaire de la place Beauvau l’avait dit au sénateur Gaudin de Vilaine, « la question de savoir s’il fallait ou non compter un chandelier dans une Église ne valait pas une vie humaine ». La loi serait donc appliquée avec « une fermeté inflexible ».

Briand ajoutait qu’il n’avait, « en aucune manière l’intention detransformer une loi de liberté en un instrument de persécution et d’oppression, […]pour que la continuité du culte soit assurée »

 

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