l'après 1905 (1906)

 

La querelle des Inventaires et l’arrivée de Briand au gouvernement :

l’amendement de la politique cultuelle

 

 

« À l’heure actuelle, quel est l’homme politique qui pourrait nier sincèrement que la réforme, ainsi faite, soit d’une application facile » ? L’optimisme du rapporteur le jour du vote de la loi à la Chambre reflète l’état d’esprit de nombreux contemporains. Le plus dur aurait été fait avec l’adoption du texte de loi.

Or, les événements du début de l’année 1906 entraînèrent la chute du Gouvernement Rouvier et la prise en charge du ministère des cultes par l’ancien rapporteur de la loi, nommé dans le Gouvernement Sarrien.

Alors que le Gouvernement, pour garantir le libre exercice du culte (article 1er),devait procéder à la dévolution des biens d’Église (article 4) vers les associations cultuelles, des inventaires de ces derniers étaient nécessaires (article 3). Cette question n’avait d’ailleurs soulevé aucune objection dans les débats à gauche, comme à droite.

Pour Alexandre Ribot, cette question était « une misère ». C’est la rédaction maladroite d’une circulaire de l’administration des domaines qui mit le feu aux poudres en demandant aux agents de l’enregistrement, chargés des inventaires,d’exiger l’ouverture des tabernacles.

La résistance corollaire des fidèles aux inventaires fut violente et, rapidement, le Gouvernement Rouvier fut dépassé. Avec ce mouvement, le Saint-Siège comprit qu’une résistance organisée contre la loi pouvait s’avérer féconde. Par l’encyclique Vehementer Nos, le pape condamna cette loi« inique », au mois de février 1906.

Que pensa Briand de ces événements ? L’ancien rapporteur ne comprit pas « le manque de prévoyance » du Gouvernement. Il ne s’agissait pas de renier le libéralisme qu’il avait instillé. Pour que la loi fonctionnât, il fallait en faire une application modérée et prudente, mais « aussi sans faiblesse, avec circonspection et sans défaillance ».

Briand et ses proches demandaient donc au Gouvernement de« s’abstenir soigneusement de toute mesure pouvant être interprétée comme faisant échec à la loi et qui permettrait demain aux agitateurs de triompher et de proclamer partout que la force est restée à l’émeute. »

 

 

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