Jean Zay

 Jean Zay (1904-1944)

 

 

Jean Zay est né le 6 août 1904 à Orléans, dans une famille dont le père est de culture juive.

Ce dernier est libre penseur, franc-maçon, se marie au temple protestant et opte pour l’enterrement civil.

Il dirige un journal radical-socialiste : ( Le Progrès) . La mère, protestante, est institutrice.

Le grand père, Michel Zay, fut adhérent de la Ligue des Droits de l’Homme et influença son petit-fils.
Jean Zay est baptisé et se mariera au temple protestant en 1931. Il fut pourtant considéré comme juif au regard de ses opposants, en raison de son grand père juif, (or pour la loi mosaïque, la transmission est matrilinéaire).

 

• Il opte pour des études de Droit, partage avec Jean Jaurès un parcours brillant d’universitaire boursier. De surcroît, pour payer ses études, il travaille, comme clerc d’avoué et comme secrétaire de rédaction au Progrès du Loiret (journal dirigé par son père, qui deviendra La France du Centre).

A 24 ans, en 1928, il devient avocat au barreau d’Orléans.

• Il sera ensuite élu député de 1932 à 1939, ainsi que conseiller général à partir de 1937.

• Le 20 juin 1944, à 40 ans, « Il tombe sous les balles des miliciens ».

 

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SON PARCOURS POLITIQUE
 

• Sans doute sensibilisé par son grand-père, il s’intéresse à la politique très jeune.
Pendant ses études, il adhère aux Jeunesses laïques et républicaines, anime des conférences où il défend les idées laïques et républicaines, le vote des femmes (à partir de 1926). Dès 21 ans, il s’inscrit au Parti radical, adhère à la Ligue française pour la défense des droits de l’homme et du citoyen, est responsable au sein de la Ligue de l’enseignement où il soutient la création de l’ U.S.E.P., et en 1926, il entre au Grand Orient de France (il a 22 ans).

Jean ZAY est républicain, démocrate, homme de Gauche par conviction.

• Après la guerre de 1914-1918, il est pacifiste, marqué sans doute par l’absence d’un père soldat. En 1924, nait une polémique suite à un poème écrit à 19 ans, dans le cadre d’un « jeu littéraire » entre étudiants, semble-t-il. Ce poème, « Le drapeau », vendu à des milieux d’extrême droite orléanais, refit surface à chaque élection, ce qui lui valut d’être insulté, calomnié.

• Quand Hitler devient chancelier en 1933, il abandonne ses idées pacifistes, devient antifasciste. C’est une période qui voit monter la haine des juifs, des francs-maçons et des conquêtes sociales. Jean Zay souffrira de cet antisémitisme, dès son entrée dans la vie politique.

• En réaction aux tentatives fascistes de 1934-35 (manifestations violentes devant l’assemblée), les Républicains s’unissent au sein du Front Populaire. Jean ZAY est l’un des artisans de cette union.

• C’est un homme qui brille par son éloquence ; il est élu député radical-socialiste du Loiret en 1932, avant ses 28 ans.

• En 1936, il est réélu et devient Sous-Secrétaire d’Etat à la présidence du Conseil (de janvier à juin 1936)

• puis il est nommé ministre de l’Education nationale, des Beaux-Arts, de la Recherche, des Sports et des Loisirs (c’est le Front populaire, IIIè république). Il a 32 ans et sera Ministre de juin 1936 à 1939.* (sous 5 gouvernements successifs).

• Pendant tout son séjour au gouvernement, il adopte une ligne antihitlérienne et fait partie en 1938 des rares antimunichois (un résistant avant l’heure !).

• En Mars 1937, est aussi élu conseiller général du canton d’Orléans Nord Est.

• Il sera le premier condamné politique du régime de Pétain. Sa peine est volontairement la même que celle de Dreyfus (il est considéré comme juif…) : dégradation militaire et déportation à vie (non effective).

 

plus d info sur wikipedia

Circulaire du 31 décembre 1936

 

De Jean Zay

Ministre de l’Education Nationale

« Mes prédécesseurs et moi-même avons appelé déjà à plusieurs reprises votre attention sur

les mesures en vue d'éviter et de réprimer toute agitation de source et de but politiques dans les

lycées et collèges. Un certain nombre d'incidents récents m'obligent à revenir encore sur ce sujet

d'importance capitale pour la tenue des établissements d'enseignement du second degré et d'insister

d'autant plus que des modes coutumiers d'infraction font place à des manœuvres d'un genre

nouveau.

 

Ici, le tract politique se mêle aux fournitures scolaires. L'intérieur d'un buvard d'apparence

inoffensive étale le programme d'un parti. Ailleurs, des recruteurs politiques en viennent à

convoquer dans une « permanence » un grand nombre d'enfants de toute origine scolaire, pour leur

remettre des papillons et des tracts à l'insu, bienentendu, de leurs parentset les envoyer ensuite les

répandre parmi leurs condisciples.

 

Certes, les vrais coupables ne sont pas les enfants ou les jeunes gens, souvent encore peu

conscients des risques encourus et dont l'inexpérience e tla faculté d'enthousiasme sont exploitées

par un esprit de parti sans mesure et sans scrupule. Il importe de protéger nos élèves contre cette

audacieuse exploitation. A cet effet, toute l'action désirable devra être aussitôt entreprise auprès des

autorités de police par MM. les chefs d'établissements, les Inspecteurs d'académie et vous-mêmes.

 

On devra poursuivre énergiquement la répression de toute tentative politique s'adressant aux

élèves ou les employant comme instruments, qu'il s'agisse d'enrôlements directs ou de sollicitations

aux abords des locaux scolaires.

 

Je vous rappelle que les lois et règlements généraux de police permettent sans

conteste aux autorités locales d’interdire les distributions de tracts dans leur

voisinage lorsqu'elles sont de nature à troubler l'ordre, tout spécialement quand le colportage est

l'œuvre de mineurs non autorisés.

 

Une circulaire de

M. le ministre de l'Intérieur, en date du 20 mai1936, a précisé en cette matière les pouvoirs de

l'autorité administrative. Il conviendra, le cas échéant, d'appeler sur ce texte l'attention de MM. les préfets.

 

Eventuellement aussi, on indiquera aux parents qu'un recours leur est ouvert contre les

personnes se trouvant, par leur intervention, à la source des sanctions prisescontre leurs enfants.

Quant aux élèves, il faut qu'un avertissement collectif et solennel leur soit encore donné et que ceux

d'entre eux qui, malgré cet avertissement, troubleraient l'ordre des établissements d'instruction

publique en se faisant à un titre quelconque les auxiliaires de propagandistes politiques, soient

l'objet de sanctions sans indulgence. L'intérêt supérieur de la paix à l'intérieur de nos établissements

d'enseignement passera Avant toute autre considération.

Toute infraction caractérisée et sans excuse sera punie de l'exclusion immédiate de tous les

établissements du lieu où elle aura été commise.

 

Dans les cas les plus graves, cette exclusion pourras'étendre à tous les établissements d'enseignement public.

Tout a été fait dans ces dernières années pour mettre à la portée de ceux qui s'en montrent dignes les moyens de s'élever intellectuellement.

Il convient qu'une expérience d'un si puissant intérêt social se développe dans la sérénité.

Ceux qui voudraient la troubler n'ont pas leur place dans les écoles qui doivent rester l'asile inviolable où lesquerelles des hommes ne pénètrent pas. »

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