Emile Combes

Emile Combes (1835-1921)  

 

 

Le “ Petit Père Combes ”,

originaire du Tarn et éduqué par un oncle curé, fait des études de théologie et envisage de devenir prêtre.

Mais il abandonne assez rapidement cette vocation, devient médecin,puis entame une carrière politique.

Sénateur en 1885 il fonde le groupe de la Gauche démocratique.

En 1894, il est président du Sénat, ministre de l’Instruction publique en 1895-96, et président duConseil de 1902 à 1905.

Laïque convaincu, il est à l’origine de la loi du 5 juillet 1904 qui interditaux congrégations religieuses d’enseigner, ce qui provoque la rupture des relations diplomatiques avec le Saint-Siège ( 30 juillet).

On lui attribue à tort la loi de Séparation de l’ Eglise et de l’ Etat votée sous le cabinet Rouvier. (Il était en réalité partisan du régime concordataire).

 

Combes

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DISCOURS D’EMILE COMBES A AUXERRE
4 SEPTEMBRE 1904
« Quelque éloigné que je sois par habitude et par goût de rechercher les occasions de me produire en public, je ne peux que m’applaudir aujourd’hui d’avoir cédé aux instance de mon excellent ami M. Bienvenu Martin, et de vos autres représentants, et d’avoir accepté la présidence de cette fête locale. L’accueil si cordial qui m’était réservé, l’universelle et manifeste allégresse de la foule, la spontanéité des ovations vraiment enthousiastes dont je suis l’objet, toutes ces marques de la communauté de sentiments qui m’unit à vos populations si ardemment, si profondément républicaines, sont bien propres à échauffer l’âme la plus froide et à laisser dans l’imagination la moins impressionnable d’ineffaçables souvenirs.

(…) Messieurs, (…) la République de 1870 a débarrassé la France de la dernière forme de la Monarchie. Le Ministère actuel entend que la République de nos jours l’affranchisse absolument de toute dépendance, quelle qu’elle soit à l’égard du pouvoir religieux.
(…) Depuis un siècle, l’Etat français et l’Eglise catholique vivent sous un régime concordataire qui n’a jamais produit ses effets naturels et légaux. Ce régime a été présenté au monde comme un instrument de pacification sociale et religieuse. (…) En réalité il n’a jamais été qu’un instrument de lutte et de domination.
Sous les gouvernements autoritaires, comme le premier Empire, l’Etat s’en est servi pour contraindre le clergé catholique à la soumission la plus humiliante, aux adulations les plus basses, même à un rôle répugnant de policier, en usant contre les ministres du culte récalcitrants de moyens coercitifs, violents.
Sous les gouvernements faibles et timorés, qui se piquaient de pratiquer l’alliance du trône et de l’autel,c’est l’Eglise qui s’est prévalue du Concordat pour assurer sa prépondérance, en supprimant de fait toutes les clauses des articles organiques qui gênaient son dogmatisme intolérant.
La République, n’ayant pour elle ni la crainte résultant des habitudes violentes du pouvoir personnel, ni les bénéfices corrélatifs d’une pieuse docilité, s’est débattue depuis plus de trente ans dans des difficultés inextricables pour régler, conformément au pacte concordataire les rapports de l’autorité civile et de l’autorité religieuse. Toutes ses tentatives sont demeurées infructueuses.

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(…) Messieurs, aucun homme réfléchi n’a pu se méprendre sur la situation nouvelle qui est née, tant des réponses évasives de la Curie romaine que de la résolution prise par le Gouvernement. Le pouvoir religieux a déchiré ostensiblement le Concordat. En ce qui me concerne personnellement, il n’entre pas dans mes indentions de le rapiécer. (…) il est évident que la seule voie restée libre aux deux pouvoirs en conflit, c’est la voie ouverte aux époux mal assortis, le divorce et de préférence le divorce par consentement mutuel.
(…) Messieurs, je crois sincèrement que le parti républicain (…) acceptera sans répugnance la pensée du divorce, et je crois aussi, disons mieux, je suis sûr qu’il l’acceptera, non dans un sentiment d’hostilité contre les consciences chrétiennes, mais dans un sentiment de paix sociale et de liberté religieuse. (…)

Il importe que les républicains fassent preuve dans ce débat d’une largueur d’idées et d’une bienveillance envers les personnes qui désarment les défiances et rendent acceptable le passage de l’ordre de choses actuel à l’ordre de choses à venir.
Qu’il s’agisse des édifices affectés au culte ou des pensions à allouer aux titulaires actuels des services concordataires, il n’est pas de concession raisonnable, pas de sacrifice conforme à la justice que je ne sois disposé pour ma part à conseiller, afin que la séparation des Eglises et de l’Etat inaugure une ère nouvelle et durable de concorde sociale en garantissant aux communions religieuses une liberté réelle sous la souveraineté incontestée de l’Etat.

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