liberté de conscience et liberté religieuse

Quelle différence faites-vous, si vous en faites une,

entre liberté de conscience et liberté religieuse ?

 

 - La liberté de conscience est forcément une liberté INDIVIDUELLE, par définition.
La liberté "religieuse", faisant référence à une idéologie dogmatique, donc par définition, à la liberté d'obéir à un dogme, elle peut être assez souvent incompatible avec le respect de la liberté de conscience individuelle.


-Dans les faits, on constate le plus souvent que ceux qui parlent de "liberté religieuse" sont les communautaristes qui évoquent la liberté pour une communauté religieuse d'imposer sa loi à l'ensemble de ses membres. Liberté religieuse pour la communauté, pas pour l'individu.
Les individualistes, eux, parlent, avec raison, de liberté de conscience.


-Accessoirement, rappelons que la liberté religieuse n'est pas garantie par les lois de laïcité en France. C'est la liberté de conscience qui est garantie.

 

  -Pour compléter ce qui a déjà été exprimé : 

 

Liberté de conscience et libertés de religions (termes plus justes que les ceux de liberté religieuse pourtant couramment employés) sont deux libertés publiques souvent considérées comme synonymes.

Or, la première contient la seconde sans que la réciproque soit nécessairement vraie. En effet, si la liberté de conscience est assurée en droit, grâce à la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905, elle implique en conséquence qu’une de ses formes particulières à savoir la liberté de culte, soit également protégée. Mais les libertés de religions, seules, n’impliquent pas que la liberté de conscience soit pour autant assurée. La France du reste a connu des périodes dans son histoire où une relative liberté religieuse avait fini par s’instaurer sans pour autant que l’athéisme par exemple soit réellement admis publiquement, au début de la III° République. C’est pourquoi la loi de 1905 prend la précaution de préciser que la République « assure la liberté de conscience ». Puis dans la phrase qui suit immédiatement, elle précise que cette même République « garantit le libre exercice des cultes ».

 

La liberté de conscience se définit comme étant le droit - pour tout individu - de choisir les valeurs, les principes, les idées qui gouverneront sa vie. La liberté de conscience est le plus souvent associée à la possibilité du libre choix d’une religion. Toutefois, la liberté de conscience implique depuis le XVIII° siècle, un choix beaucoup plus large. Elle inclut en effet la possibilité de choix de philosophies ou de morales non transcendantes qui ne se réfèrent à aucune puissance surnaturelle comme, par exemple aujourd’hui, l’athéisme, l’agnosticisme, le rationalisme, ...ou encore le positivisme ou le scientisme du XIX° siècle.

Ainsi, la liberté de conscience est-elle beaucoup plus large que « la liberté religieuse » en ce sens qu’elle permet de choisir librement son orientation spirituelle. Notons aussi que la liberté de conscience protège tout individu dans sa décision de changer d’opinion, de croyances, de valeurs...

La liberté de conscience est une liberté publique « individuelle » en ce sens qu’elle est attachée à chaque citoyen. Elle ne vaut que parce que chaque citoyen est libre de penser et de croire comme il l’entend, indépendamment des autres. Les libertés de religions sont aussi une liberté publique « collective ». Elles protègent les citoyens qui pratiquent ensemble un culte ou une philosophie dont l’exercice suppose justement la possibilité de former une communauté de croyants ou d’opinions, entre citoyens partageant les mêmes convictions et qui disposent d’exercices rituels collectifs pour se reconnaître et se conforter.

La pratique religieuse est une pratique sociale communautaire et la liberté de culte la garantit et la protège. En ce sens la puissance publique, par la loi de 1905, reconnaît implicitement que les libertés de religions sont une liberté indissociable de la reconnaissance et de la protection des communautés de croyants ou d’opinion, sans lesquelles il n’y a pas de « religion » possible. Que serait le catholicisme sans le rituel de la Messe, des assemblées de croyants en général ? Mais que serait aussi la Franc-Maçonnerie sans la liberté de réunion rituelle ?

La loi de 1905 « assure » donc la liberté de conscience et « garantit » la liberté de culte. Il s’agit bien là de deux libertés publiques, reconnues comme telles, mais de nature différente. La première s’attache aux individus, la seconde protège les communautés. Elles sont indissociables l’une de l’autre mais la première est la condition de la seconde. C’est pourquoi on les distingue, elles ne sont pas superposables l’une à l’autre, tout en les reconnaissant égales en droit.

Hors d’un État laïque, respectueux du pluralisme et des convictions des citoyens, la liberté de conscience et les libertés de religions sont des libertés compromises, voire menacées.

 

-Désolé, mais j'ai repéré une erreur assez grave dans cet intéressant texte. C'est à l'avant dernière phrase:
"C’est pourquoi on les distingue, elles ne sont pas superposables l’une à l’autre, tout en les reconnaissant égales en droit."
La loi de 1905 ne peut pas reconnaitre "égales en droit" la liberté de conscience et la liberté de culte, car si il y avait égalité, les impasses et imbroglio juridiques seraient légion et ce serait ingérable. Prenons simplement l'exemple de l'apostasie. La "liberté de culte" musulman suppose que l'apostasie soit interdite, alors que le respect de la liberté de conscience implique évidemment que l'apostasie est parfaitement légitime. Conclusion, le respect de "la liberté de conscience", écrit en premier dans l'article de loi est supérieur au respect de "la liberté de culte", pas égal.

 

 - L'apostasie n'est pas interdite par le culte, mais par le vivre ensemble islamique composé de la Sunna et de la Sharia.

La loi de 1905 reconnait bien la liberté convictionnelle et la liberté de culte, mais elle ne parle pas de "religion".


La liberté de culte n'inclut pas la mise en place d'un droit parallèle au droit civil sous prétexte de culte ou de liberté de religion. Enfin, c'est la loi qui assure la liberté convictionnelle et de culte, ce qui implique que l'Etat et les lois civiles sont au dessus toute loi religieuse. Ceux qui pensent l'inverse nieront donc d'office la loi de 1905 et n'en tiendront pas compte en mettant au défi l'Etat de se faire respecter, ce qu'il ne fait pas.

-  En France, la loi de 1905, dite loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, stipule que l'Etat ne reconnaît pas les cultes. Aussi la liberté religieuse ne constitue pas une liberté juridique puisque justement l'Etat ne reconnaît pas les cultes.  

 

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